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BIOGRAPHIE
Dès
son plus jeune âge, Renée Martel se familiarise avec la
scène, la télévision et les studios d'enregistrement.
Son père, le chanteur Marcel Martel l'invite fréquemment
à son émission hebdomadaire à la station CHLT-TV de
Sherbrooke et l'amène en tournée à travers le Québec et
tout l'est du continent nord-américain. Sa mère Noëlla
Therrien, chanteuse réputée, l'encourage également à
développer ses talents vocaux. Encore adolescente, elle
grave quelques reprises de chansons populaires, devenues
aujourd'hui introuvables, sur les étiquettes Météor et
Match. En 1966 elle commence à se produire en spectacle
avec ses propres musiciens, sous le nom de Renée & The
Silverboys, et effectue de fréquents séjours dans la
métropole, alors en pleine effervescence.
L'été
suivant, elle se joint à l'équipe des disques DSP dont
les artistes-vedettes comme Les Sultans, Éric, Claire
Lepage ou les Aristos ont le vent dans les voiles. La
vague « Yé-Yé » est alors à son plus fort, si bien que
plusieurs jeunes garçons et filles deviennent vedettes
du jour au lendemain. Pour sa part, Renée est déjà une
pro lorsqu'elle connaît son premier succès sur disque
avec « Liverpool ». La chanson est suivie de « Je vais à
Londres », deux références indirectes à la trajectoire
des Beatles, les héros des années soixante sur le plan
musical. Comme la majorité des artistes de sa
génération, Renée grave à quelques reprises des
adaptations de chansons du célèbre quatuor: « Entre tes
bras» (Good Day Sunshine), « Goodbye » et surtout « Un
certain soir», une version savamment orchestrée de « The
Night Before ». Parmi ses sources d'inspiration, il faut
citer les chanteuses Petula Clark « Viens changer ma
vie » (Color My World), Marie Laforêt « À demain my
darling », Dionne Warwick « Quand un bateau passe »
(Trains And Boats And Planes) et Dusty Springfield «
J'aurai bien mon tour de chance » (I'll Try Anything).
Découverte féminine de l'année 1968 au Gala des
artistes, elle participe pour une première fois à la
super tournée estivale Musicorama aux côtés de Karo,
Stéphane, Dick Rivers et Patrick Zabé, ainsi que les
groupes Les Lutins, Les Hou-Lops et les Jades. Dans la
mouvance de ces spectacles saisonniers, elle grave
successivement deux hymnes de circonstance en duo avec
Michel Pagliaro, qui vient tout juste de quitter les
Chanceliers. « Les vacances » se veut un des tubes de
la tournée 68 et l'année suivante le duo courtise les
palmarès à nouveau avec « C'est l'été », sur la nouvelle
étiquette Spectrum du producteur Denis Pantis.
Devenue une des vedettes les plus adulées des
adolescents, on la retrouve de plus en plus souvent en
première page des hebdos artistiques et ce, quel qu'en
soit le motif. Elle sait aussi gagner les plus grands et
son auditoire se fait de plus en plus familial. Qu'elle
choisisse parmi les succès au goût du jour comme « Nos
jeux d'enfant » et « Le bateau du bonheur » ou qu'elle
rendre hommage aux chansons des années précédentes en
interprétant « Le temps du muguet » et « Embrasse-moi »
(Be My Baby des Ronettes). Ce retour dans le temps, qui
s'opère naturellement entre l'artiste et son public, la
rapproche bientôt de la chanson country & western qui a
baigné son enfance. C'est toutefois sans nostalgie
qu'elle aborde le répertoire country de ses
contemporains.
Des
auteurs-compositeurs comme Gene MacLellan et Buffy
Sainte-Marie deviennent de nouvelles références à son
répertoire au moment où elle entre dans l'âge adulte.
Dès 1969, elle puise chez cette dernière « The Circle
Game » qui devient « La ronde des saisons » puis un
peu plus tard, en 1971, elle reprend à son compte « Put
Your Hand In The Hand », que MacLellan avait confiée au
groupe ontarien Ocean, en version québécoise. Sa reprise
devient l’immense succès « Prends ma main ».
Dès
ses premiers succès, parmi lesquels figurent « Je vais à
Londres » et « Johnny Angel », Renée Martel écrit
elle-même les paroles françaises de plusieurs de ses
chansons ; une habitude qui deviendra la norme dès 1970.
C'est donc avec ses mots qu'elle impose coup sur coup
deux succès de facture purement country au printemps et
à l'automne 1972 : « Un amour qui ne veut pas mourir »,
une version du groupe américain Delaney & Bonnie &
Friends et « Si on pouvait recommencer », l'adaptation
du succès « Just One Time» du légendaire Don Gibson.
Ce
faisant, la blonde chanteuse continue de faire le pont
entre les musiques pop et country ; deux genres musicaux
qui se côtoyaient tout naturellement au tournant des
années cinquante et soixante et ce, même chez des
groupes pop comme les Beatles et les Rolling Stones. Un
tel rapprochement a également lieu en 1974 entre la
musique pop et la chanson d'auteur sur l'album «
Réflexions...» dont l'écriture est confiée à Marcel
Lefebvre (sauf une chanson signée Christine Charbonneau)
et la musique à Jean-Guy Chapados. L'album qui bénéficie
également de la présence de Marcel Beauchamp et de
Michel Robidoux ne connaît pas les succès de vente des
précédents mais présente une nouvelle facette de
l'artiste qui y aborde des sujets d'actualité. L'année
suivante c'est Robert Charlebois qui lui écrit une
version de son cru d'un succès de Glen Campbell «
Rhinestone Cowboy», laquelle devient « Cow-Girl dorée ».
Un nouveau numéro un et un classique de la jeune chanson
country au Québec voit le jour.
En
1977 et 1978, elle coanime l'émission « Patrick et
Renée » en compagnie de Patrick Norman sur les ondes de
CFTM et du réseau TVA. Au même moment, alors qu'une
vague rétro déferle au Québec mais également à l'échelle
mondiale, elle reprend quelques succès mûris par les
ans: « Tu n'es plus là » (Blue Bayou de Roy Orbison,
réactualisé par Linda Rondstadt), « J'ai besoin de ton
amour » et « Quand va-t-on m'aimer » (Walk Right Back
et When Will I Be Loved des Everly Brothers), cette
dernière interprétée en duo avec Michèle Richard, son
amie d'enfance. Ayant rejoint la maison de disques de
Guy Cloutier, elle enregistre en 1980 un album en
hommage à Connie Francis et à Brenda Lee. En 1981, elle
participe également à la tournée « La grande rétro », en
compagnie de Johnny Farago, René Simard, Gilles Girard
et du groupe Johnny Jet Black and the Comeback.
Entre-temps, elle maintient sa présence au palmarès avec
des succès dans une veine plus contemporaine comme «
Darling » et « El Lute ».
En
1983, son album « C'est mon histoire » marque sa
première collaboration avec les disques Star et lui vaut
le trophée Félix de l'album country de l'année. La
chanson titre est une adaptation de « Nickels And Dimes»,
un succès mineur de Dolly Parton qui connaît un bien
meilleur sort dans son interprétation québécoise.
L'album renferme aussi le futur hymne des fans de
musique country, qui donnera son nom à une série
télévisée retraçant les principaux jalons de l'histoire
du country au Québec. Cette chanson, « Nous on aime la
musique country», réunit pour une rare fois les voix de
Renée et de ses parents, Marcel Martel et Noëlla
Therrien. L'année suivante elle offre un ultime «
Cadeau» à son public avant de prendre une pause de plus
de six ans, ayant choisi de s'installer au Maroc où la
mène le travail de son époux. Avant de partir, elle
participe une fois de plus à la tournée « Jeunesse
d'hier à aujourd'hui », une rétrospective réunissant une
dizaine d'artistes et rappelant l'époque de la célèbre
émission de télé mettant en vedette Pierre Lalonde et
Joël Denis.
À son
retour, au début des années quatre-vingt-dix, elle entre
en studio et lance un nouvel album intitulé «
Authentique», celui-ci ne renferme que des chansons
inédites. De 1994 à 1997 elle anime « Country
Centre-ville », une nouvelle émission diffusée à la
télévision de Radio-Canada et enregistrée depuis
Moncton. Elle y accueille l’ensemble des artistes du
monde country francophone. Ses obligations
professionnelles d’animatrice de télévision lui laisse
moins de temps pour la scène mais ce n'est que partie
remise.
À
l'été 1997, elle reprend la route et prépare, l'hiver
suivant, un nouvel album consacré au travail des
pionniers country & western du Québec. L'album intitulé
simplement « Country» paraît en 1998 et est
suivi d'un nouveau spectacle qu'elle conçoit en hommage
aux Paul Brunelle, Willie Lamothe et Marcel Martel. Le
sort ne lui permettra pas de terminer cette tournée,
suite à un accident qui l'immobilise pendant plusieurs
mois. Avant même qu'elle ne soit complètement rétablie,
le décès de son père et de nouveaux problèmes de santé
l'amènent à réévaluer son approche du métier. L'album «
À mon père », consacré entièrement aux chansons
de Marcel Martel devient ce que l’artiste croyait être
son adieu à la vie artistique. Ironiquement, cet album
devait aussi s'avérer le premier de sa longue
discographie à être certifié Or, atteignant des ventes
de 50 000 exemplaires, elle qui avait pourtant connu
d'énormes succès sur 45 tours au début de sa carrière.
Au printemps 2002, elle publie une autobiographie avec la
collaboration de son fils Dominique Chapados, aux
éditions Publistar, sous le titre Ma vie, je t'aime.
Elle y raconte son cheminement personnel, sa carrière
professionnelle sur cinq décennies, et leurs incidences
réciproques.
En décembre 2006, alors qu’elle a quitté la vie artistique
depuis bon nombre d’années, l’artiste fait une rencontre
marquante, laquelle lui permettra ultimement de réaliser
son plus grand rêve : revenir sur scène. C’est en effet
par pur hasard que l’artiste rencontre l’impresario
granbyen Pierre Gravel, lequel avait déjà travaillé avec
elle des décennies plus tôt. Celui-ci lui propose de
remonter sur scène et de commencer à travailler sur un
nouvel album de chansons originales. Avec un nouveau
gérant, un nouveau producteur et un nouvel agent,
l’artiste se sent revivre et travaille d’arrache pieds
pendant plus de trois mois à la préparation de son
nouveau spectacle. En mars 2007, devant la salle bondée
et enthousiaste du Vieux-Clocher de Magog, Renée Martel
reprend ses fans là où elle les avait laissés 9 ans plus
tôt. Plusieurs ovations et rappels plus tard, l’artiste
et son gérant savent que le retour de la chanteuse était
attendu et que son public est toujours au rendez-vous.
Une tournée majeure du Québec et du Canada Francophone se
met en branle et les éternels complices musicaux de
l’artiste (Marc Beaulieu et Jeff Smallwood) se joignent
à l’équipe du spectacle. Au lendemain de sa rentrée
Montréalaise l’artiste est comblée par l’accueil que lui
a réservé le public et les journalistes : « Le miracle
mérité […] Renée Martel resplendissait, svelte et
magnifique, défendant avec joie, confiance, fierté, le
répertoire d’une vie. » prétend Sylvain Cormier du
journal Le Devoir, «On parlera plus seulement de
retour, mais d’une renaissance. » dit pour sa part
Jean-Christophe Laurence de La Presse, « Renée Martel
éblouit ses fans […] Le retour sur scène de la chanteuse
est réussi » conclut de son côté Philippe Renault du
Journal de Montréal.
Fort de ce retour sur scène, Pierre Gravel souhaite
maintenant concrétiser le retour sur disque de
l’artiste. Martin Leclerc, collaborateur de longue date
de Pierre Gravel International, lui propose de
s’associer en co-production avec la maison de disques
Musicor, l’une des plus importantes maisons de disques
au Québec. Le résultat est saisissant. Quatorze chansons
composent ce nouvel album intitulé L’héritage, un album
qui se veut en quelque sorte le résultat de précieuses
rencontres artistiques qui ont mené entre autres à la
collaboration de deux grands de la chanson d’ici.
D’abord celle de Richard Desjardins (À un coeur de
cristal) qui lui a écrit une chanson et qui l’interprète
avec elle, puis celle de Robert Charlebois avec lequel
elle chante également en duo, expérience que les deux
artistes ont vécue ensemble il y a plusieurs années.
L’événement est d’autant plus important qu’il s’agit du
premier album de l’artiste composé entièrement de
chansons originales depuis 1992. Dans cette nouvelle
production réalisée par Marc Pérusse, Renée Martel
désire plus que jamais transmettre son héritage en
s’appuyant sur celui qu’elle a reçu et qui lui a permis
de construire une carrière d’exception.
Désireuse d’élargir ses horizons et d’embrasser la vie dans
tout ce qu’elle peut lui offrir, Renée Martel laisse une
grande place aux auteurs et compositeurs émergents dont
Éric Goulet, Catherine Durand, Andréanne Alain et Daniel
Beaumont, qui a écrit pour Tricot Machine. Il en résulte
un album qu’on découvre comme un coffre au trésor rempli
de pièces uniques, nées de nouvelles alliances,
celles-là même qui donnent des élans vers le dépassement
de soi, l’enracinement dans la vie et l’authenticité.
Avec L’héritage, Renée Martel peut aussi compter sur son
fidèle complice, Marc Beaulieu qui assure la direction
musicale, et sur une équipe de musiciens chevronnés
dont: Jeff Smallwood, Pierre Côté, Sylvain Quesnel,
Jean-Guy Grenier, Daniel Hubert et Justin Allard.
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